PLANTES

INSTALLATION

PERFORMANCE

BANQUET

 

Corpus performatif et théorique
librement inspiré
de la vie

et de l’oeuvre d’Emma Eisenstein,

ethnobotaniste et pornographe,

et de son terrain chez les Kôoutaoulô.

 

Danse : Daphné Achermann, David Bougnot, Juliette Zanon

Musique : Benoit Bornes (+Cinna Cikun)

Mise en espace : Solène Garnier

Cuisinne : Anthony Laurent (+ Kostadine)

 
 

Extraits de notes d’Emma Eisenstein à propos des Kôoutaoulôs:

« Les Kôoutaoulôs entretiennent donc des pratiques que je qualifierais de sensuelles avec plantes et animaux.
Plus particulièrement d’ailleurs avec les plantes. Les longs massages utilisant des branches, feuillages, fleurs, fruits, terre auquels ils s’adonnent m’ont d’abord fait croire qu’ils utilisaient la plante comme une sorte d’accessoire érotique. Mais en constatant de nombreuses pratiques qui semblent se concentrer au moins également sur le plaisir de la plante j’ai dûme rendre à l’évidence qu’ils ne les considéraient pas au sein de ces pratiques comme des accessoires médiatisant des rapports entre humains, mais comme des individus participant à ces échanges. »

« Les Kôoutaoulôs ne se nourrissent jamais seuls, ils partagent littéralement leur nourriture. À l’instar du paradis de la fable chinoise*, les individus ne portent pas la nourriture àleur propre bouche, mais àcelles de leurs divers voisins. Les repas sont ainsi une ronde libre et sensuelle. Cette pratique pourrait leur avoir été inspirée par l’oiseau Totem qu’ils appellent Pikkitakôlô, nom qu’on pourrait traduire par “mon sang coule dans tes veines”.

Le repas communautaire se déroule de la sorte: ils forment de petits groupes variables et mouvants autour d’assemblages de différents mets sur d’immense feuilles de bananier ou de Jokutundôle. Chacun prend une petite bouchée dans sa main et la porte à la bouche d’un de ses voisins(... )»

« Leurs commerces donnent l’impression générale d’une intimité simple, empreinte de camaraderie, et pourtant profonde. Ce que les Européens s’autorisent au mieux dans l’excitation et la perte de soi de l’acte sexuel, ils le partagent aisément avec de multiples partenaires et semblent en retirer un plaisir profond.

Bien différemment de nos traditions oùl’on ne touche personne sauf ceux ou celles avec qui l’on possède une intimité reconnue par l'église, les Kôoutaoulôs au contraire ont des rapports sexués ou tendres avec des partenaires illimités du groupe, et comprenant, du point de vue de leur totémisme, humains et non-humains. Il existe pourtant une norme si le rapport a lieu entre homme(s) et femme(s) qui réserve alors l’éjaculation à l’intérieur du vagin à des couples officiellement mariés. »

« Ces rapports sensuels et sexuels des Kôoutaoulôs sont réalisé de préférence entre membres d’un même groupe totémique. Il ne s’agit pas d’une homologie entre classes naturelles et classes culturelles, mais d’une appartenance commune de certains humains et de certains non-humains à une classe définie par une qualité princeps, qui est hypostasié dans un animal-totem.

C’est pour cela qu’on a ici un système de conceptualisation des continuités et des discontinuités entre humains et non-humains qui introduit une nouvelle formule, par rapport à l’animisme et au naturalisme. En effet on se trouve ici face à des ensembles de qualités physiques et morales partagées par des humains et des non-humains, qualités qui les rendent identiques parce que issus d’un même moule ontologique, d’un même prototype. Et chacun de ces assemblages d’humains et de non-humains est différent d’autres assemblages, lesquels sont caractérisés par d’autres qualités. On retrouve donc des opérations de répartition de propriétés tant physiques que morales entre les êtres du monde, comme dans l’animisme et le naturalisme, mais on aboutit dans ce cas à des classes d’êtres mixtes définies par des qualités relativement abstraites.

Cette troisième formule contraste ainsi avec celle de l’animisme, définie par la continuité des intériorités entre humains et non-humains et la discontinuité des dispositions physiques, mais aussi avec celle du naturalisme, définie par la discontinuité morale entre humains et non-humains, et la continuité physique entre tous les êtres. Elle met l’accent sur le fait qu’il y a une continuité morale et physique à l’intérieur d’un ensemble d’humains et de non-humains, mais une discontinuité à une autre échelle, entre chacun de ces blocs d’humains et de non-humains qu’on appelle les « groupes totémique »

Je souligne au passage qu’un groupe comprend généralement un petit nombre d’animaux et un grand nombre de plantes. Ce sont les individus (humains et non humains) de son groupe auquel on s’associe préférablement mais pas exhaustivement, sous forme sociale, sexuelle ou de consommation (nourriture, remède, parure, accessoire.) »

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